J’ai une amie qui fait un burn out.

Je vous garantis que ça fait peur. Je n’ai pas compris comment c’est arrivé. Je l’ai vue peu à peu perdre son sourire, ne parler que du travail, s’énerver pour des broutilles et ne plus avoir envie de sortir avec moi. Je l’ai vue s’isoler de plus en plus, ne plus aimer recevoir ses enfants et ne plus participer à rien. J’ai bien essayé de lui parler, sa famille ne comprenait pas trop bien qu’elle n’était plus la même et puis un jour…

Elle a décidé de s’arrêter, de dire « stop ». Elle est allée chez le médecin qui lui a prescrit un arrêt renouvelable de mois en mois, elle a pris rendez-vous chez un psychiatre, parce que c’est remboursé par la sécurité sociale et …

C’est difficile de lui parler, de savoir ce qu’elle pense, elle ne veut plus voir personne. Elle dit : « quand j’irai mieux, j’appellerai, je ne veux pas vous emmener dans ma spirale, faites votre vie, ne vous occupez pas de moi, je ne veux pas vous inspirer de la pitié… » et j’en passe. Quoi dire ? Quoi faire ?

Ce que j’ai cru comprendre, c’est qu’elle ne peut pas reprendre son travail pour l’instant, d’ailleurs, elle ne sait même pas elle-même, si elle arrivera à le reprendre.

Au jour d’aujourd’hui, une femme qui ne travaille pas, qui n’en a plus envie ou qui a envie d’autre chose, c’est politiquement incorrect. En plus, le burn out n’est pas reconnu comme une maladie professionnelle, et pourtant, si elle en est là aujourd’hui, c’est bien à cause du travail, et c’est bien dommage de se rendre malade à cause du travail.

 

Je ne sais pas comment elle va s’en sortir, ce qu’elle va décider. Il paraît qu’un burn out, c’est long et que ça prend du temps pour se reconstruire.

J’espère pour elle que les médecins sauront lui dire les mots qu’il faut pour qu’elle redevienne « comme avant ». Eh bien justement, « pas comme avant », me dit-elle, autrement oui, une amie différente, la même mais « en mieux ».

C’est ça « en mieux ». Il y aura un « avant » et un « après ».

 

Je lui ai conseillé le dernier livre de Françoise BOURDIN « Face à la mer » qui traite de ce sujet et je lui ai passé celui de Raphaëlle GIORDANO « Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une » et maintenant, j’attends et j’espère.

 

 

Moi, je ne suis pas médecin, ni psy, juste une femme comme vous et moi qui ne sait pas quoi faire face à cette maladie.