Chouette des crêpes !

C’est la chandeleur ! Du plus loin que je me souvienne, il y a toujours eu des crêpes à la maison.

Maman faisait la pâte, et le soir près d’elle, je la regardais faire ses crêpes. Elle ne les faisait pas sauter, non, elle disait que c’était compliqué. Alors, avec une spatule, elle les retournait.

Moi, j’aurais bien aimé qu’elle les fasse sauter, alors j’insistais, et elle essayait pour me faire plaisir.

Fous rires de toutes les deux : soit ça marchait, et la crêpe se retournait comme il faut.

Soit elle retombait du même côté parce que c’était une crêpe qui n’avait pas osé irriter ma maman, et elle essayait à nouveau de la faire sauter.

Soit c’était une crêpe coquine, qui retombait de travers à moitié dans la crêpière, et là, maman se brûlait, la retournait avec sa spatule, et me disait « tu vois bien que c’est compliqué ! ».

On riait alors toutes les deux, et ma petite chienne dansait autour de nous, espérant qu’il y aurait bien une crêpe qui finirait par tomber par terre, aubaine pour elle !

Papa, lui, participait à sa manière : il les mangeait.

 

Les années ont passé et aujourd’hui, maman n’est plus là.

 

C’est toujours la chandeleur, mais c’est moi, la maman qui fait la pâte.

 

Mes hommes, dès que je sors les crêpières, viennent tourner autour de moi, et chacun notre tour, sans hésitation, nous les faisons sauter, avec une pièce dans la main, suivant la tradition qui dit qu’on aura de l’argent toute l’année (si les crêpes ne tombent pas bien sûr !). Une autre petite chienne, danse toujours autour de moi, espérant elle aussi, qu’une crêpe plus audacieuse que les autres irait directement dans sa gueule.

 

Finalement, ce n’est pas compliqué de faire sauter les crêpes ! clin d’œil à ma maman.

Et vous ? Les faites-vous sauter ?